3. François III de Lorraine (XVIIIème siècle)

Le Haras, sous le règne de François III de Lorraine (XVIIIème siècle)

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Nous sommes en 1723, le jeune François-Étienne a 15 ans. Né à Nancy, il est l’un des fils de Léopold Ier, duc de Lorraine et de Bar et d’Élisabeth Charlotte d’Orléans.

Les quatorze enfants du couple ducal meurent jeunes pour la plupart, emportés par la variole qui sévit sur toute l’Europe depuis 1711, ce qui ne facilite pas, entre autres, la consolidation de la dynastie grandement éprouvée. C’est donc à cet âge que François-Étienne se voit remplacer son aîné Léopold-Clément, promu premier héritier des duchés, mais décédé lui aussi de cette sévère maladie à l’âge de 16 ans. Voilà pourquoi dans l’histoire François-Étienne est dès lors surnommé ‘’Ersatzkind’’, soit littéralement ‘’enfant de remplacement’’.

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La Lorraine fait partie du Saint-Empire romain germanique

C’est donc ce dernier, nouvel héritier des trônes ducaux de Lorraine et de Bar, qui est envoyé à Vienne à la cour de Charles VI. Le père de François-Étienne est en effet un proche depuis l’enfance de l’empereur du Saint-Empire romain germanique dont le duché de Lorraine fait partie. Les relations avec la France se sont refroidies. Léopold Ier songe déjà à marier son fils à la fille aînée de l’empereur, Marie-Thérèse d’Autriche, alors âgée de cinq ans. Ami et intéressé, l’empereur viennois élève François-Étienne comme son propre fils et ce dernier épouse effectivement l’archiduchesse en 1736.

(Marie-Thérèse d’Autriche enfant
peinture datée de 1727
par Andreas Møller (1684-1762) – source Wikipédia
)

Elle s’avère passionnément amoureuse de son promis et a de la personnalité. Parents de 16 enfants, ils seront d’ailleurs les fondateurs de la maison de Habsbourg-Lorraine (via la Pragmatique Sanction de 1713), dont l’une des descendantes n’est autre que la très connue reine de France, Marie-Antoinette d’Autriche, épouse de Louis XVI. L’empereur François Ier sera successivement duc de Lorraine et de Bar sous le nom de François III, duc de Teschen, grand-duc de Toscane sous le nom de François II. Il est également nommé vice-roi de Hongrie par Charles VI.

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De Lunéville au Haras de Sarralbe

En 1729, François III succède définitivement à son père et rejoint sa patrie qu’il a quittée à quinze ans. Quittant la cour impériale pour la cour plus modeste de Lunéville où il affiche une certaine froideur, et devient vite impopulaire. On le dit distant et prétentieux.

(Château de Lunéville par PierreSelim –
année 2012 – source Wikipédia)

Pour en revenir au Haras de Sarralbe, l’ascension politique de François III n’est néanmoins pas sans conséquences dans l’avenir des chevaux de ce Haras, voire dans un rôle fondamental pour l’histoire de la Lorraine et aux prémices de certaines des pages de l’Europe moderne.

À Versailles, François III prête hommage au roi de France Louis XV pour une partie de son duché de Bar, conformément aux termes de la reconnaissance de la suzeraineté française remontant à 1301. Mais en 1731, lorsqu’il accepte la vice-royauté du trône de Hongrie offert par Charles VI, empereur du Saint-Empire romain germanique, en vu d’un prochain mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche et sa future succession au trône du Saint-Empire. François III sait qu’il ne reverra plus ses États.

En effet, pour mettre fin à la guerre de Succession de Pologne, conformément aux propositions du cardinal de Fleury, l’empereur accepte d’accorder une compensation au vaincu, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, en lui remettant les duchés de Lorraine et de Bar, lesquels, à la mort de l’ex-roi de Pologne, deviendront français.

En échange de la part de ces duchés, sur lesquels sa famille règne depuis sept cents ans, François III se voit offrir le grand-duché de Toscane. Proposition que François finit par accepter malgré les objurgations de sa mère et de son frère, et au grand dam de ses sujets lorrains. Cet échange territorial, négocié en secret dès 1735 et effectif en 1737, est formalisé par le traité de Vienne en 1738. François fait transférer ses archives ducales à Vienne. Il part du château de Lunéville… en prenant avec lui la plupart des meubles.

La Lorraine est donc déjà sur la voie pour être définitivement rattachée à la France.

Le domaine du Haras de Sarralbe se voit impacté par cette décision, le traité de Vienne amenant au transfert des chevaux dans l’empire austro-hongrois.

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Le Haras de Sarralbe : un domaine dédié à l’élevage et à l’agriculture

Déjà à partir de 1730, même si on dénombre encore plus de 100 juments sur le site, le Haras est surtout devenu une grande exploitation rurale dédiée à l’élevage de bovins et de chevaux de trait. Les bâtiments servent exclusivement à l’exploitation des domaines qui en dépendent. Il semble donc bien que le Haras de Sarralbe ait abandonné très tôt l’élevage unique du cheval destiné à la cour et à la cavalerie.

Le domaine est alors composé du grand Haras, du Haras de Willerwald (le petit Haras soit l’ancienne tuilerie), du puits salé au lieu-dit ‘’le breuil de Saltzbronn’’, de l’étang et du moulin de Niederau sur la Sarre, du moulin banal de Sarralbe comprenant trois tournants à farine, un tournant à huile et un tournant à foulon, servant au foulage des étoffes de laine et des cuirs, du moulin de la Hinsmuhl, de la ferme de Tenscherhof (en 1779 appelée le Teckenhof), de la ferme de Schottenhoff, et de l’immense pré dit ‘’le pré Rouckert’’. Le domaine du Haras constitue néanmoins une concurrence sérieuse pour les agriculteurs de Sarralbe et des environs.

(Porche d’accès, domaine, fenêtre et porte ancienne –
photos réalisées en 2008 et 2019)

En 1730, François III, duc de Lorraine et de Bar, établit un règlement depuis Lunéville. Il n’oublie pas le domaine du Haras de Sarralbe construit par son père, même si, devenu vice-roi de Hongrie en 1731, les dés qui régissent le duché de Lorraine, sont en passe de changer de mains.

(Visuel principal de l’article > Détail de la famille impériale, portrait de François III,
Marie-Thérèse d’Autriche et leur famille – 1760
par Johann Gottfried Hain – 1710-1776 –
source Wikipédia)

  • Sources :
  • Archives famille Loth
  • « Le Haras de Sarralbe au XVIIIe siècle et l’histoire des salines » (Eugène Heiser)
  • Revue n° 30 (1999) de la société d’histoire « Les Amis du Pays d’Albe »
  • Wikipédia

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