Genèse Haras de Sarralbe

1. Des dates et une certaine histoire de la Lorraine (Vème au XIème siècle)

Des date et une certaine histoire de la Lorraine (Vème au XIème siècle)

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Le Haras : un passé historique ancré dans notre mémoire

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Le Haras, comme on l’appelle encore aujourd’hui, était nommé dans les documents de l’époque « Grand Haras de Sarralbe », « château du Haras de Sarralbe » ou même « château du roy ». Il a été créé au tout début du XVIIIème siècle, les premiers bâtiments ayant été construits en 1702.

L’histoire du Haras est intimement liée à celle de son fondateur et de ses successeurs. Celle de sa terre n’est autre que l’histoire même de la Lorraine. L’origine de la Lorraine et les vicissitudes de son sol peuvent compléter utilement la reconstruction de l’histoire du Haras de Sarralbe.

Entre dynastie mérovingienne et carolingienne

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En bref, la Lorraine fait partie à l’origine du royaume de Clovis Ier (466–511) et reste sous l’autorité de ses descendants mérovingiens pendant plus de trois siècles. Charles Martel (vers 688-741), défenseur de la Gaule devant les Sarrasins (qui se lançaient déjà dans une guerre sainte), est à l’origine de la dynastie des Carolingiens. Son fils, Pépin le Bref, devenu roi d’une autorité reconnue, s’allie avec le Pape en défendant Rome menacée par les Lombards, peuple germanique venu de la Baltique. Le fils de Pépin le Bref n’est autre que Charlemagne (vers 742-774) qui protège le royaume en organisant des frontières.

En 843 par le traité de Verdun, les trois fils survivants de l’empereur Louis le Pieux, petits-fils de Charlemagne, se partagent ses territoires, soit l’empire carolingien, en trois royaumes. Ce traité est souvent présenté comme le début de la dissolution de l’empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division. Charles II dit « le Chauve » reçoit la Francie occidentale (appelée France vers 1200), Lothaire Ier, à qui échoit le titre impérial, reçoit la Francie médiane, du centre de l’Italie à la Frise (région historique du nord-ouest de l’Europe) et Louis II de Germanie dit « le Germanique » reçoit la Francie orientale (communément nommée Germanie, noyau du futur Saint-Empire romain germanique).

Précisons que Charles le Chauve est né d’un deuxième mariage en 819 de Louis le Pieux avec Judith de Bavière. Quatre premiers enfants sont issus de son mariage avec l’impératrice Ermengarde de Hesbaye (778–818), soit les susnommés Lothaire 1er, Louis le Germanique, mais encore Pépin Ier d’Aquitaine, et Hildegarde, devenue abbesse de l’abbaye de Saint-Jean de Laon.

(Judith, dans la Chronique des Guelfes, 1190,
Abbaye de Weingarten – source Wikipedia)

Cette nouvelle naissance d’un petit Charles remet en cause l’Ordinatio Imperri (l’Ordonnancement de l’Empire, en latin) édicté en l’année 817 par Louis le Pieux : il faut donner une succession à ce nouveau descendant. Judith s’allie avec Louis le Germanique et Pépin Ier, et s’assure le concours d’une partie de l’aristocratie, pour réclamer le partage de la succession entre tous les fils de l’empereur. Là s’installent deux clans, l’un autour de Judith et l’autre autour de Lothaire Ier, qui s’arrachent les soutiens de nobles en offrant divers présents et promesses. Louis le Germanique et son demi-frère Charles le Chauve comprennent qu’ils doivent s’allier pour contrer les ambitions de Lothaire Ier. Ils battent leur aîné ainsi que le fils de Pépin Ier (décédé en 838), Pépin II d’Aquitaine, à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye le 25 juin 841.

La séparation de deux langues fondamentales

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En 842, Louis le Germanique et Charles le Chauve renforcent leur alliance par les serments de Strasbourg, prononcés en langue romane et en langue tudesque afin d’être compris par les troupes de l’ouest comme de l’est de la Francie. Notons que ce texte des Serments a une portée philologique et symbolique essentielle, puisqu’il constitue, pour ainsi dire, « l’acte de naissance de la langue française » dans le cadre d’un accord politique d’envergure historique.

Peu de temps avant de mourir en 855, Lothaire Ier abdique pour aller s’enfermer dans l’abbaye de Prüm (situé en Allemagne). Par le traité de Prüm, il a d’ailleurs soin de partager son empire entre ses trois fils, dont l’un n’est autre que Lothaire II, qui règne sur toute la partie nord de l’empire, de la Frise jusqu’à l’actuel département de la Haute-Marne. C’est ce dernier domaine qui va s’appeler Lotharingie, nom issu du latin « Lotharii Regnum », traduit tout simplement par le royaume de Lothaire. Lothaire II décède en 869 d’une fièvre paludéenne.

Bravant les interdits et la même année, Charles le Chauve se jette sur la Lorraine et se fait couronner roi de Lotharingie à Metz. Louis le Germanique n’accepte pas le procédé et oblige son frère à consentir à un partage qui donne lieu le 8 août 870 au traité de Meerssen (actuellement aux Pays-Bas), par lequel il s’attribue entre autres les pays de Trèves, de la Nied, de la Sarre, de l’Albe, ainsi que Metz et ses territoires. De son côté, Charles le Chauve reçoit Toul, Verdun, quelques comtés et abbayes.

C’est ce traité, conclu en spoliation entre Louis le Germanique et Charles le Chauve, qui contient en germe toutes les vicissitudes que ce coin de terre lorraine devra subir pendant des siècles.

Précisons une coïncidence étonnante. C’est aussi ce traité de Meerssen, signé le 8 août 870, qui finit par séparer notre pays de l’ancienne Gaule, le territoire étant devenu la marche occidentale de l’Allemagne actuelle. Le 8 août 1870, soit mille ans plus tard et jour pour jour, l’Allemagne envahit à nouveaux les plaines de l’Albe et de la Sarre dans un but identique à celui de Louis le Germanique.

Une filiation qui nous mène tout droit au Haras de Sarralbe

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En 1048, l’Empereur des Romains, Henri III, donne le duché de Lorraine à titre héréditaire à Adalbert d’Alsace, comte de Metz. Ce dernier est assassiné la même année par Godefroid II. C’est alors au frère d’Adalbert, Gérard d’Alsace, que revient le titre de premier duc de Lorraine. Léopold Ier de Lorraine, dit « le bon » (1679-1729), est le successeur par filiation à Gérard d’Alsace.

Léopold Ier de Lorraine est aussi le bâtisseur du Haras de Sarralbe.

Rappelons que les terres de Sarralbe ont appartenu à l’Évêché de Metz environ de l’an 1000 à 1562.

(Visuel principal de l’article > Vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Paris,
avec Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne,

agenouillé devant la Vierge Marie,
source 123rf.com
)

  • Sources :
  • Archives famille Loth
  • Wikipédia

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